« Nous sommes prêts à profiter de l’élan pour surfer la prochaine vague»

« Nous sommes prêts à profiter de l’élan pour surfer la prochaine vague»

Avec deux blessures, l’une au bras droit et l’autre au pied gauche, Augusto Fernandez n’a pas vécu une saison facile. Loin de baisser les bras, le pilote espagnol a travaillé sans relâche pour surmonter les difficultés rencontrées en faisant preuve d’une belle force mentale. Les leçons de 2020 et les perspectives pour la saison à venir sont au centre de cet entretien avec le Majorquin…

Comment décririez-vous la saison 2020 ?

La saison a été difficile. Nous ne nous attendions pas à autant en baver. Après les promesses de 2019, nous avions de grandes attentes. Mais si nous n’avons jamais été vraiment perdus et avons beaucoup travaillé pour trouver des solutions, il nous a toujours manqué quelque chose, un petit truc…  Cela a malheureusement fini par peser sur le résultat final.

Pourquoi cela a-t-il été aussi laborieux ?

Je ne sais pas… Dès le premier test de pré-saison nous avons cherché en vain le déclic qui m’aurait permis de me sentir aussi à l’aise que la saison précédente. J’ai souffert toute l’année d’un manque de confiance avec la moto. C’est ce qui fait perdre ces deux dixièmes au tour qui séparent la bagarre pour le top cinq de la victoire.

Dans quelle mesure l’introduction du nouveau pneu avant vous a-t-elle pénalisé ?

Cela a affecté mes performances, mais je ne crois pas qu’il y ait eu que ça… En fait, j’ai été surpris que ce soit aussi difficile parce que l’an dernier je m’étais très vite adapté au nouveau pneu arrière. Je ne sais pas pourquoi le changement de pneu avant m’a mis autant en difficulté. Mais je ne peux pas brandir cela comme une excuse car, outre le fait que tous les pilotes ont eu à s’y adapter, à aucun moment nous nous sommes retrouvés en mesure de gagner. Il nous a toujours manqué quelque chose, et cela sur des circuits très différents. Il n’y avait donc pas que les pneus, il y avait autre chose.

Qu’est-ce que vous retenez de cette difficile saison ?

Mentalement, nous avons gagné en force. Il y a eu des moments très difficiles que nous avons surmontés grâce au soutien de l’équipe et de mon environnement. C’était un bon test parce que même quand nous pensions que nous étions arrivés au plus bas, il y avait un autre sous-sol. Ne pas jeter l’éponge et terminer à Portimao en se battant aux avant-postes nous a rendus plus forts et démontré que toute souffrance trouve sa récompense. Je suis convaincu que si les choses vont bien pour nous à l’avenir, ce sera en partie grâce aux difficultés que nous avons surmontées cette saison.

C’est un peu le message de votre tatouage, n’est-ce pas ? « On ne grandit pas avec des victoires faciles mais avec de grandes défaites »

J’ai me suis souvent répété cette phrase cette année parce qu’elle me rappelait le moment où ma carrière a failli s’arrêter. C’était en … Quand j’ai dû retourner en CEV après avoir fait une demi-saison en championnat du monde. À cette époque j’étais vraiment à la limite et j’ai presque dû abandonner la moto pour aller travailler. Mais j’avais confiance en moi et j’ai trouvé les ressources pour continuer et finalement retrouver le championnat du monde.

Ne pas abandonner, s’accrocher coûte que coûte et être prêt à profiter de l’occasion lorsqu’elle se présente. En ce sens, je suis satisfait car, même si l’année n’a pas été bonne, nous avons tous donné le meilleur de nous-mêmes, et nous sommes maintenant prêts à profiter de l’élan pour surfer la prochaine vague.

Qu’avez-vous le plus détesté et le plus apprécié cette saison ?

J’ai eu du mal à ne pas gagner. Ne pas gagner pendant une année entière est difficile, je pense que cela ne m’était arrivé qu’en 2017. Un pilote aime gagner. Chaque heure d’entraînement a pour but d’aller chercher la victoire et ne pas l’obtenir est difficile à encaisser. Ce que j’ai apprécié… Quelques bons moments que j’ai pu connaître sur la piste, à l’entraînement… Des petites choses qui m’ont donné du courage pour continuer à me battre et à travailler.

Comment aborder la prochaine saison ?

Avec beaucoup d’envie pour repartir à zéro, ne pas refaire les erreurs de l’année écoulée, appliquer les leçons apprises et tout donner sur la piste.

Avec quels objectifs ?

Le premier sera de retrouver rapidement de bonnes sensations. Cela signifie qu’il faudra faire du bon travail en pré-saison pour arriver au Qatar en confiance, avec une base solide. Pour être à nouveau compétitif, pour gagner des courses et pour jouer le championnat. C’est ma feuille de route pour 2021.

Comment avez-vous planifié votre préparation hivernale ?

Je compte poursuivre le même programme d’entraînement que je suis chaque année, avec du travail d’endurance, du cardio, de la gym et du motocross. Le tout en surveillant mon poids. Cette année, j’ai un peu grossi sans changer mon régime alimentaire ni prendre de muscle à la salle de sport. Compte tenu de ma taille, j’ai parfois du mal à conserver le bon équilibre entre poids et puissance.

L’an prochain, vous aurez un nouveau technicien à vos côtés, Lucio Nicastro. Comment s’est passé votre premier contact ?

Très bien. Si pour un pilote le travail s’effectue avant tout sur la piste, celui réalisé avec le responsable technique est aussi essentiel dans la quête de la performance. La communication, le façon de travailler, la relation entre le pilote et le chef mécanicien peuvent faire la différence. Nous savons peu de choses sur Lucio, mais d’après ce que nous avons vu, je pense que nous pouvons très bien nous entendre et je suis enthousiaste pour la saison qui arrive.


ET POUR FINIR, UNE SÉRIE DE QUESTIONS RAPIDES :

Une course : Le Mans. C’est la meilleure course que nous ayons faite cette année. Nous sommes remontés de loin et avons fini en nous battant pour le podium. C’est une course que j’ai beaucoup appréciée. Je n’ai pas pu la mener à bien à cause des problèmes physiques que j’ai connus avec mon bras, mais je me suis beaucoup amusé.

Un dépassement : Au départ du Mans, j’ai dépassé plusieurs pilotes en même temps.

Un moment : La satisfaction et le soulagement d’avoir surmonté l’opération du syndrome des loges. A ce moment-là j’étais inquiet de rencontrer de nouveaux problèmes.

Un objectif atteint : Avoir survécu mentalement à une saison difficile et ne pas avoir sombré quand les choses ont mal tourné.

Un objectif à atteindre : Remporter le championnat du monde.

Qualification personnelle :
Il n’y a pas eu ni manque de travail, ni absence de désir, ni relâchement, mais la performance a été faible. Disons que je mérite entre 5 et 6. Vivement le mois de janvier que je puisse repartir pour préparer un nouvel examen !