INTERVIEW: Lowes et Fernandez, à l’orée du nouveau championnat du monde 2020

INTERVIEW: Lowes et Fernandez, à l’orée du nouveau championnat du monde 2020

Enthousiastes et motivés, les pilotes du Team Estrella Galicia 0,0 Marc VDS sont prêts pour relancer leur saison. Conscients qu’ils n’auront pas de droit à l’erreur, ils partagent le même objectif : se battre pour obtenir les meilleurs résultats afin de briguer le titre.

A moins de deux semaines de leur retour à la compétition, Sam Lowes et Augusto Fernandez partagent leurs points de vue sur le défi qu’ils s’apprêtent à relever. Comment se sont-ils préparés ? Quelque chose a-t-il changé depuis mars ? Sont-ils prêts physiquement et mentalement ? Dans cette double interview, les pilotes du Team Estrella Galicia 0.0 Marc VDS répondent à ces questions et d’autres encore…

Comment vous sentez-vous à quelques jours de la reprise ?

Augusto Fernandez (AF) : Je suis vraiment heureux de retrouver la course, de reprendre la compétition, de travailler avec l’équipe et de donner le meilleur de moi-même avec ma Kalex. J’attends cela avec impatience.

Sam Lowes (SL) : J’ai hâte d’être sur la grille à Jerez ! Je suis heureux et impatient d’y être. Je suis également très reconnaissant des efforts qui ont été réalisés pour que ce championnat du monde puisse avoir lieu.

Que pensez-vous du nouveau calendrier ?

AF : Il est évident que c’est très différent de ce que nous connaissions jusqu’à présent. Surtout en raison de la réduction du nombre de circuits, ce qui nous oblige à répéter les mêmes pistes, mais aussi parce que nous allons enchaîner les week-ends. En tout état de cause, nous serons tous logés à la même enseigne et il faudra s’y adapter le mieux possible. J’ai tellement envie de commencer que n’importe quel format m’aurait convenu. L’important est de pouvoir courir à nouveau !

SL : J’aime vraiment ce qu’on nous propose. C’est beaucoup mieux que ce que j’avais imaginé durant les mois de confinement, donc je suis content de ce calendrier. Après ce qui s’est passé, c’est bien d’avoir 14 courses et ce sera un défi d’enchaîner de bons résultats sur un championnat où toute erreur sera chèrement payée.

Pour l’instant, il y a huit circuits confirmés, Jerez, Aragon, Barcelone, Valence, Le Mans, Misano, Spielberg et Brno, vous les appréciez ?

AF : Je les aime tous vraiment, et ils m’ont plutôt réussi jusqu’à présent. Brno et l’Autriche, même si j’y ai fait un Top 5, sont ceux où j’ai eu le plus de problèmes et il faudra s’en méfier.

SL : Je suis content des pistes qui composent ce calendrier. À part l’Autriche, qui serait peut-être mon point faible, le reste me convient. Ce sont des circuits où j’ai obtenu de bons résultats les années précédentes, et c’est certainement un plus !

Comment voyez-vous la répétition sur le même circuit sur deux week-ends de suite ?

AF : D’une part, je pense que cela va équilibrer les rapports de force. D’autre part, cela va permettre d’évoluer en ayant la possibilité de résoudre des problèmes entre les deux épreuves. Nous allons déjà accumuler les tours de piste. Je pense de manière positive : si le premier week-end s’est bien déroulé, on va pouvoir enchaîner avec de bonnes sensations. S’il s’est mal passé, on se retrouve avec la possibilité de se rattraper grâce aux infos recueillies durant le Grand Prix précédent.

SL : Même si les circuits se répètent, chaque course est une unique. Tout peut arriver et tout peut changer. On le voit en le Mondial Superbike. Je pense que le deuxième week-end sur le même circuit, la compétition va s’ouvrir. On verra de quelle manière, car en Moto2, les choses sont déjà très serrées… On va aller jusqu’au millième ! C’est une difficulté supplémentaire ainsi qu’une énorme motivation.

Que pensez-vous des courses sans public dans les tribunes ? Pensez-vous que vous le remarquerez, vous croyez que cela peut vous affecter ?

AF : Ce sera bizarre. Même si sur la moto nous sommes tellement concentrés sur le pilotage que nous ne pouvons pas faire trop attention à l’environnement, c’est très agréable de commencer et de terminer les séances d’essais et les courses en saluant la foule. À ce moment, vous sentez la présence et le soutien des spectateurs. Cela va certainement nous manquer. C’est une autre chose à laquelle nous devrons nous adapter.

SL : Avec le public, il y a des liens très particuliers qui se créent, surtout lorsque nous obtenons un bon résultat. Sans le public, le Grand Prix ne sera pas le même, mais je comprends les raisons de cette décision et je la respecte. J’espère que les fans apprécieront malgré tout de suivre les courses à la télévision.

Comment évaluez-vous votre forme physique à la veille de la reprise ?

AF : Je me sens très bien et fort à tous points de vue. Je m’entraîne très dur pour arriver à la première course à 100% : physiquement, techniquement et mentalement.

SL : Je suis définitivement bien mieux aujourd’hui que je ne l’étais au Qatar ! Je travaille dur physiquement, et chaque jour je m’améliore au niveau de l’épaule et du point de vue du tonus général. Je suis prêt à courir !

Pour aller plus loin, comment vous êtes-vous préparés physiquement ?

AF : Pendant le confinement, j’ai suivi des routines physiques assez strictes pour rester en forme. Nous ne savions pas quand tout reviendrait, il était donc important de rester en bonne forme. De plus, je m’entraîne beaucoup à vélo pour, entre autres, gagner en endurance. Depuis que j’ai pu retrouver les moteurs, je roule en motocross et sur une piste de karting avec une Kawasaki 400. Bien que les sensations ne soient pas les mêmes que celles que nous avons en compétition, c’est un travail très exigeant ainsi qu’un plaisir.

SL : Dès le début, je me suis beaucoup concentré sur le travail de rééducation de l’épaule pour gagner en mobilité et en flexibilité. Je l’ai combiné avec ma routine habituelle d’entraînement physique. Pour travailler le cardio et l’endurance, j’ai fait beaucoup de course à pied, en combinant des distances de 10 km et des semi-marathons, en essayant toujours de réduire mes temps. Dans la dernière ligne droite, j’ai commencé à travailler avec les mini-motos pour mettre mon épaule à l’épreuve et travailler sur certains aspects du freinage. J’ai aussi roulé en tout-terrain pour retrouver des sensations au niveau du contrôle des gaz, une sensation qui est parfois réduite si vous ne roulez pas pendant longtemps. Et bien sûr, dès que possible, j’ai sauté sur ma moto pour rouler sur des pistes plus longues et retrouver des sensations avec de la vitesse.

Et mentalement ? Ce sera une saison où il n’y aura pas de place à l’erreur…

AF : Je n’ai pas fait de travail particulier mais j’ai bien conscience des spécificités de la saison qui est devant nous. Comme vous le dites, il n’y aura pas de place pour l’erreur, d’autant que nous traînons déjà le résultat blanc du Qatar. Nous devrons rester très concentrés et surtout ne pas perdre notre sang-froid.

SL : Je n’ai rien changé et je ne changerai pas. Pendant le confinement, j’ai continué à travailler avec mon psychologue comme je le fais habituellement, et durant la compétition, je vais continuer avec la même approche que celle que j’ai adoptée jusqu’à présent. Je pense que c’est la meilleure chose à faire. Je me sens très bien préparé.

Sachant que vous ne pouvez pas travailler avec les motos officielles, sur quoi allez-vous vous concentrer pour ce qui reste de préparation ?

AF : Je vais continuer ma routine habituelle, vélo ou gym le matin et vélo l’après-midi. Nous avons déjà fait un test avec l’équipe pour retrouver des sensations, des réflexes et de la vitesse et il y en a encore quelques-uns de prévus avant d’aller à Jerez.

SL : Je vais m’efforcer de perdre un kilo pour me retrouver à mon poids idéal pour le premier Grand Prix, mais à part ça, je me sens bien physiquement. Je m’attacherai à bien travailler durant les derniers tests privés que l’équipe a prévus pour renforcer mes sensations tout en remettant en place une bonne synergie de travail.

Quel est votre objectif pour la saison ? Est-il toujours le même qu’en mars ?

AF : Oui, notre objectif était alors de nous battre pour le podium tous les week-ends, il n’a pas changé. Nous allons tout donner pour lutter pour la victoire et le titre.

SL : Oui, l’objectif n’a pas changé. D’une certaine manière, cette pause m’a permis de me remettre en forme. Je sens que j’ai une deuxième chance de tout donner, donc mon objectif sera de prendre régulièrement de l’avance afin de pouvoir prétendre au titre à la fin de la saison.